Vélorution

Préparons nos guiboles
Bientôt plus de pétrole
Laissons nos bagnoles
A vélo c’est plus drôle

Nos chères bicyclettes
Longtemps désuètes
Faisons leurs la fête
Pour le bien de la planète

Pour la ville
Pas que l’automobile
Déplacement subtil
Sur le bitume sans péril

Le vélo urbain
Transport de demain
Se prendre par la main
Un challenge humain

Vélorution vélosophique
Pas politique
Beaucoup écologique
Surtout logique

Vive la vélorution
A bas la pollution
Les bruits, les collisions
Les infernales circulations

Préparez vos guiboles
Bientôt plus de pétrole
Laissez vos bagnoles
A vélo c’est plus drôle

freddow sur Librosophia

Voici ma participation au premier jeudi poésie

chez les Croqueurs de Mots, mené par Martine (quai des rimes)

sur le thème de la bicyclette.

Je m’ennuie

Entre les rangées d’arbres de l’avenue des Gobelins

Une statue de marbre me conduit par la main

Aujourd’hui c’est dimanche les cinémas sont pleins

Les oiseaux dans les branches regardent les humains

Et la statue m’embrasse mais personne ne nous voit

Sauf un enfant aveugle qui nous montre du doigt.

-Jacques Prévert-

Certains jours je suis comme Jacques Prévert ….

Je n’ai point d’envie
Pas plus de fantaisie
Que de poésie

C’est bien ça le pire
Quand je manque de sourire
Et de mots à écrire

C’est comme un jour de pluie
Je m’ennuie
Même si au dehors le soleil luit

Alors je cherche
Qu’on me tende une perche
Et qu’on recherche

A me redonner l’envie
De fantaisie
Et de poésie

-dimdamdom-

Ceci était ma participation au second jeudi poésie

mené par Jeanne Fadosi

chez les Croqueurs de Môts

“Le metteur en scène est l’indispensable regard de l’autre.”

Pour ce défi 209 chez les Croqueurs de Môts

Jeanne Fadosi nous demande de créer

un petit texte en prose incluant quelques expressions (3 ou 4)

 avec le mot œil ou le mot yeux

 

Deux hommes, les deux très sérieusement malades,

Occupaient la même chambre d’hôpital.

Un des deux devait s’asseoir dans son lit

Pendant une heure chaque après-midi afin

D’évacuer les sécrétions de ses poumons.

Son lit était à côté de la seule fenêtre de cette chambre.

L’autre homme devait passer ses journées couché sur le dos.

Les deux hommes conversaient pendant des heures.

Ils parlaient de leurs épouses, de leur famille, de leur maison, de leur emploi,

De l’époque de leur service militaire et des endroits où ils étaient allés en vacances.

Chaque après-midi, quand l’homme du lit près de la fenêtre pouvait s’asseoir,

Il passait du temps à décrire à son compagnon de chambre

Tout ce qu’il pouvait voir dehors.

L’homme de l’autre lit commença ainsi à vivre

Dans l’attente de ces périodes d’une heure :

Son monde s’élargissait et s’égayait par toutes les activités

Et les couleurs du monde extérieur qui lui étaient racontées.

De la chambre, la vue donnait sur un parc avec un beau lac.

Les canards et les cygnes jouaient sur l’eau tandis que les enfants

Faisaient naviguer leurs bateaux miniatures.

Les jeunes amoureux marchaient bras dessus bras dessous

Parmi des fleurs de chaque couleur de l’arc-en-ciel.

De grands arbres décoraient le paysage et on pouvait apercevoir

Au loin la ville se dessiner.

Pendant que l’homme près de la fenêtre

Décrivait tout ceci avec des détails exquis,

L’homme de l’autre côté de la chambre fermait

Les yeux et imaginait la scène pittoresque.

Lors d’un bel après-midi, l’homme près de la fenêtre

Lui décrivit une parade qui passait par là.

Bien que l’autre homme n’ait pu entendre l’orchestre,

Il pouvait le voir avec les yeux de son imagination,

Tellement son compagnon le dépeignait de façon vivante

Avec des mots poétiques et au travers un descriptif précis.

Les jours et les semaines passèrent.

Un matin, à l’heure du bain, l’infirmière trouva le corps sans vie

De l’homme près de la fenêtre, mort paisiblement dans son sommeil.

Attristée, elle se fit aider par les préposés pour enlever le corps.

Dès qu’il sentit le moment approprié, l’autre homme

Demanda à l’infirmière si elle pouvait le déplacer à côté de la fenêtre.

Heureuse de lui accorder cette petite faveur,

Elle s’assura de son confort, puis le laissa seul.

Lentement, péniblement, le malade se souleva un peu,

En s’appuyant sur un coude pour jeter son premier coup d’oeil dehors.

Il aurait enfin la joie de voir par lui-même ce que son compagnon

Avait su si bien lui décrire…

Or, de l’autre coté de la petite cour intérieure,

Tout ce qu’il vit, ce fut le grand mur du bâtiment voisin !

L’homme demanda à l’infirmière pourquoi

Son compagnon de chambre décédé

Lui avait dépeint une toute autre réalité.

L’infirmière répondit que l’homme qui était pourtant aveugle

avait sûrement l’oeil américain*

*Cette expression veut dire être attentif et observateur.

Une personne qui a l’«œil américain» voit tout ce qu’il se passe autour d’elle.

« Avoir l’œil américain » fait  allusion au regard qu’avaient les Indiens d’Amérique .

Ils avaient la faculté de regarder de côté en ayant l’air de regarder en face.