Le dixième et le onzième jour …

       Dans ch’nord tu braies deux fois :

eul première in narrivant, et l’chegonde, pasqué tu veux pu arpartir !

 

Derniers jours, 29 et 30 juillet

Ici se termine ma formidable aventure, je passe ma dernière nuit dans mon nid.

Aujourd’hui j’ai fait grand ménage, j’ai fait ma lessive, rangé mon sac à dos,

pansé mes bobos, jeté le superflu et surtout préparé mon itinéraire pour demain.

Vous n’allez pas me croire il me faut presque autant de temps pour rentrer en train

que d’aller à pied 😯

Je suis arrivée hier dans un super camping que je vous recommande vivement

si vous voulez passer de bons moments en famille, situé au bord d’un lac où les enfants

peuvent nager, faire du pédalo, du surf … avec mini golf, accrobranche, escalade, triathlon,

randonnées etc …

C’est drôle moi qui ai très peu dormi cette quinzaine hier je me suis endormie

comme un bébé et je n’ai pas eu froid .

Aujourd’hui j’ai passé une super journée, je n’étais plus tout à fait dans l’ambiance

Compostelle, si ce ne sont mes pieds qui me l’ont rappelé.

Ce matin le boulanger est passé dans les allées en klaxonnant, ça me rappelait mon

enfance, je me suis dépêchée de m’habiller pour ne pas le rater.

Les voisins d’en face m’avaient vue arriver la veille avec mon sac à dos

et installer ma petite tente ( j’étais la seule au milieu de tous les mobile- home)

Ils avaient compris que je n’avais pas de café, du coup

ils m’ont invité à le prendre dans leur caravane.

Ma voisine d’à côté m’a vu laver mon linge et m’a prêté son étendoir.

Me voyant traîner la patte elle m’a proposé de me conduire à la gare demain.

Et la cerise sur le gâteau c’était la visite surprise de Sylvie une copine de classe

qui a fait un détour énorme pour venir me voir.

Ça m’a fait chaud au coeur de la retrouver sur mon «chemin».

Nous avons passé une super après midi à papoter sur un banc

en sirotant un bon petit vin blanc et des galettes qu’elle m’avait apportés.

C’est fou tout ce que m’a apporté ce chemin.

J’ai appris tant de choses à commencer par l’humilité.

J’ai appris à aller chercher mon énergie au plus profond de mon être,

à surpasser mes angoisses, à me débrouiller dans les situations difficiles.

J’ai appris à me taire et à écouter.

Ce soir je suis prise entre l’envie de continuer et celle de retrouver mon petit confort

et je pense déjà à recommencer … oui je sais je me répète 😀 

Merci encore à vous d’avoir été là … là aussi je me répète 😆

Le neuvième jour …

 

             28 juillet, voilà que j’ai rechargé mes batteries .

Hier je vous avais dit que mon chemin prenait toute sa signification.

Alors pour ceux qui pensent que je rentre dans les ordres détrompez vous.

J’ai compris tout simplement que j’avais la foi … en moi et celle ci passe par les autres.

Même si je souffre un peu physiquement je sens que je me reconstruis

et c’était le but recherché en démarrant ce chemin.

Alors voilà hier après mon petit resto où je suis revenue ce midi,

je m’apprêtais à remonter jusqu’à la ferme où j’étais accueillie.

Des Hollandais qui sortaient en même temps que moi ont constaté que je boitais,

ils ont entamé la conversation en néerlandais … oui oui je parle néerlandais.

La dame un peu plus âgée que moi me disait qu’elle avait fait Compostelle en vélo.

On a un peu papoté et ils m’ont proposé de me conduire à la ferme

alors qu’ils allaient dans l’autre sens.

J’en ai pleuré tant j’étais émue et fatiguée.

En arrivant à la ferme la dame m’attendait pour fermer la barrière et les volets.

Je lui ai demandé si je pouvais aller aux toilettes elle m’a répondu gentiment

que je pouvais aller dans le buisson  😆

Elle ne m’a pas proposé d’eau pour la nuit heureusement j’avais prévu le coup.

Je suis rentrée dans ma tente, j’étais un peu prise d’angoisse parce que j’allais me

retrouver toute seule dans le noir à l’extérieur, elle avait tout rentré même le chien.

Entre ma tente et la route il n’y avait qu’une haie. J’ai entendu toute la nuit les camions

et les tracteurs qui déboulaient à quelques mètres de moi

mais cela m’a rassuré parce que la route était éclairée et je n’étais pas dans le noir.

Ce matin je me suis levée vers 8h, j’ai pu aller aux toilettes chez la dame

et … elle m’a offert un Ricoré.

On a causé presque deux heures c’était super agréable.

On s’est raconté nos vies. C’est là que j’ai compris ce que m’apportait ce chemin.

Nous nous sommes quittées, elle m’a fait visiter ce qu’il reste de son exploitation

et je suis partie le coeur léger oubliant les doléances de Sainte Mère Douleur.

Par contre je change d’itinéraire, je me dirige vers Charleville Mézières,

c’est moins loin que Reims où de toute façon je ne serai pas arrivée.

Coucou me voici arrivée à Fourmies, quel drôle de nom.

Après avoir quitté ma charmante petite dame ce matin, je suis allée en ville pour faire

quelques emplettes et là je vois que le resto d’hier était ouvert.

Du coup j’ai décidé de manger là ne sachant pas sur qui ou quoi je tomberai ce soir.

Je commande un hamburger et un petit rosé.

Il y avait un peu de monde dans la salle et chacun y allait de son commentaire

c’était très drôle. Un monsieur et sa dame sont venus à ma table pour me donner

de bonnes adresses.Puis le moment est venu pour moi de partir,

un peu tard j’en conviens et j’avoue que le petit verre

m’avait un peu coupé les jambes 😯

Je fais mon itinéraire, 14 km, 3h et quelques raouettes, je peux le faire.

Le parcours démarre avec 3,7 km de nationale.

Je me lance, mais c’est pesant de chaque fois descendre dans les bas côtés

pour laisser passer les camions.

Après ces kilomètres laborieux je cherche un chemin plus plaisant,

j’en trouve un et là je trouve une jolie petite route, je marche cinq kilomètres

jusqu’à un charmant petit village.

Sur cette petite route Sainte Mère Douleur se manifeste et me signale

qu’une nouvelle ampoule au talon est prête à percer,

je me dis que si ça arrive je serai contrainte à abandonner

voire ne plus pouvoir avancer.

J’entame un dialogue avec SMD lui proposant un deal.

«Tu me laisses arriver au village suivant et je te promets le chemin s’arrête là»

Marché conclu, j’arrive à Clairfontaine à 16h, je vais à la mairie demander

 un logement pour la nuit. On ne me donnait autre moyen que d’aller à un camping

à onze kilomètres de là. Pour moi c’était impossible.

J’ai fait comme hier j’ai sonné à une porte et j’ai demandé

si je pouvais planter ma tente dans leur pelouse à côté du poulailler.

Un couple m’a ouvert et a tout de suite accepté.

Avant de m’installer ils m’ont fait rentrer et offert un chocolat chaud,

puis une Chimay et m’invitaient à leur table ce soir.

Puis nous avons causé sympathiquement et ils me parlaient d’un camping

moins loin que celui qu’on me proposait à la mairie.

Je leur ai demandé s’ils voulaient bien m’y conduire ainsi je pourrai me détendre

et prendre une douche ce que je n’avais pas pu faire chez la dame hier.

C’est comme ça que j’ai décidé de me reposer deux nuits à Fourmies

et de prendre un train dimanche pour rentrer chez moi.

Je vais profiter de ce bel endroit pour soigner mes blessures et me rappeler tous les

meilleurs moments de cette belle aventure qui restera pour moi une merveilleuse

expérience. J’ai déjà en tête de recommencer.

Drôle de tente en tôle 🙄 

Merci à vous tous de m’avoir suivie, vos encouragements m’ont aidée à avancer.

Le septième jour …

            Hello la compagnie, me voici prête pour une nouvelle étape de 18 km

et il faut que je vous dise, j’ai pas trop le moral aujourd’hui

Pourtant j’ai passé une bonne nuit en tout cas meilleure que la précédente

J’ai eu moins froid …. parce que j’ai dormi toute habillée,

même les chaussettes.

J’étais un peu anxieuse, le camping est désert en dehors d’une famille

dans une caravane.

Quand je suis rentrée d’avoir mangé j’ai été tout de suite me coucher,

cette famille était déjà calfeutrée dans leur caravane vu le temps de ch’tis qu’il fait ici.

Vers minuit je ne dormais pas encore quand le couple est sorti sur la terrasse

pour s’engueuler 🙄 .

Une histoire de cocufiage, j’ai eu droit à tout un épisode,

c’était tellement désolant que je me suis endormie.

Ce matin je me suis levée assez tôt, j’ai été tester la douche,

me suis savonnée laissant couler l’eau pour qu’elle chauffe et … elle restait froide

C’est après cinq minutes que j’ai compris que les robinets étaient inversés.

Mais ce n’est pas ça qui me plombe le moral, c’est que j’ai toujours mal à un pied

et cela me handicape sérieusement.

C’est dommage parce que je suis en très bonne forme physique.

J’aimerais tellement que ce voyage m’apporte autre chose que cette douleur perpétuelle.

Bon j’arrête de vous plomber le vôtre.

Je vous disais ce matin que je n’avais pas trop le moral

parce que j’avais toujours mal à ce fichu orteil.

Maintenant je vous l’avoue je pleurais à chaudes larmes.

J’ai quitté le camping à 10h sans croiser la moindre âme charitable.

Finalement j’ai décidé de mettre les sandales.

J’ai pansé tous mes bobos et j’ai pris un anti douleur.

Le premier km était un peu laborieux et comme par enchantement

j’ai pu accélérer le pas.

Je me suis arrêtée au centre de Maroilles et j’ai pris un café au Chantilly

chez le cousin de ma chef de camp de Roisin. .

Puis un monsieur m’a adressé la parole et il m’a indiqué un chemin par les bois

pour arriver à Le Nouvion en Thiérache où je loge ce soir.

Juste avant j’avais été brûler un cierge à Saint Antoine de Padoue,

cela ne veut pas dire pour ça que je rentre dans les ordres

Par contre j’ai gardé certaines croyances de mon enfance.

Et me voilà partie, bien m’en a pris de ne pas suivre le chemin du monsieur.

Mon gps m’a fait emprunter des départementales tout le chemin et c’était très agréable.

J’ai ainsi parcouru 18 km sans trop de douleur.

Je me suis arrêtée une fois pour changer mes pansements et prendre un antidouleur.

Finalement c’est bien avec l’antidouleur on a mal, mais on s’en fout

J’ai appris aussi quel est le plus long nerf du corp humain …

C’est le nerf optique parce que lorsque vous vous tirez un poil du derrière

vous avez la larme à l’oeil 😆

J’ai croisé plusieurs personnes dont une gentille dame qui m’a donné

une bouteille de Perrier… c’est fou quand même.

Le problème c’est que j’ai dû la boire très vite parce que c’était trop lourd.

J’ai vu aussi des fermiers très modernes puisqu’ils conduisaient leurs vaches

au pré avec un quad, on est loin des contes de Heidi

J’ai trouvé aussi comment ménager mes épaules et mon dos,

j’ai attaché mes grolles à la ceinture.

Après les champs de chanvre indien?

J’ai sniffé tous les petits tas de poudre blanche sur la route, ça en fait des lignes  🙄

Après une après midi ensoleillée je suis arrivée sous la pluie au camping.

Super beau camping, je m’étais installée aux sanitaires pour manger en attendant que

mon téléphone charge et le chef de camp m’a montré une salle de détente

d’où je vous écris.

Finalement je suis super contente de ma journée et si demain mon pied ne me fait pas

plus souffrir ça sera le pied

J’ai appris  par le sacristain que Saint Jacques de Compostelle

se nommait aussi Saint Jacques le Majeur.Une petite chapelle sur la route je pensais y trouver une coquille et bien non 😕 

La voyez-vous???Quoi? Une grenouille pardi 🙄 

J’ai sniffé toute la poudre blanche 😯

Et bien sûr pour finir une côte 😛 

Mon repas du soir, ça ressemble presque à l’hôpital 😆

Merci de tout coeur pour vos encouragements,

cela me permet d’avancer toujours plus loin.

Bonne nuit et à demain 😉